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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 08:40

Nous traitons ici des éléments de la prosodie du français qui permettent d'être compris. Nous n'abordons donc pas les aspects de l'expressivité.

La prosodie, qui comprend notamment l'intonation et l'accentuation, est nécessaire pour être bien compris lorsque l'on parle une langue. Elle permet de structurer un énoncé en éléments de sens et ainsi de guider l'auditeur dans sa compréhension de ce qui est dit. Avec une mauvaise prosodie, un énoncé parfaitement articulé peut ne pas être compréhensible.

 

les groupes rythmiques

Pour être compris, un énoncé doit être découpé en groupes de sens. Pour être bien perçus, ces groupes de sens, doivent être structurés à l'oral. Ils forment alors des groupes rythmiques. La formation d'un groupe de sens est au choix de l'énonciateur, mais il est important de suivre la logique du discours. Ainsi, il est logique de former un groupe rythmique avec un groupe nominal complet. Un pronom sujet et un verbe en formeront également un. Les règles concernant les liaisons et enchaînements obligatoires ou interdits peuvent aussi aider à comprendre la façon dont les mots se constituent en groupes en français (voir notre article). Au-delà du sens, la formation des groupes rythmiques répond aussi à des contraintes physiques, notamment la nécessité de respirer de temps en temps. L'on constate ainsi qu'en général, un groupe rythmique en français ne dépasse pas 8 syllabes.

 

les 3 principes de la prosodie du français

La prosodie du français (pour la compréhension d'un énoncé) nécessite de produire 3 éléments:

  • l'allongement final

En français, la durée de toutes les syllabes doit être la même. Une seule syllabe y fait exception: la syllabe finale. Autrement dit, pour structurer un groupe rythmique, il faut allonger la dernière voyelle prononcée (qui n'est pas le "e" final (ou schwa))

  • la pente mélodique

Dans une phrase énonciative, l'intonation de la dernière syllabe doit être descendante, afin de marquer la fin de la phrase et donc pour signaler à l'auditeur qu'il s'agit de la fin.

Dans le cas d'une phrase interrogative (une question), l'intonation va au contraire monter.

  • L'inversion de la pente mélodique

A l'exception de la syllabe finale de la phrase, toutes les syllabes de fin de groupe rythmique doivent avoir une courbe intonative inverse à celle de la syllabe finale. Autrement dit, en fin de groupe rythmique d'une phrase énonciative, l'intonation de tous les groupes rythmiques (excepté le dernier) doit monter. Dans une phrase interrogative, au contraire l'intonation doit descendre. Ce procédé permet de signaler à l'auditeur que la phrase n'est pas finie. Si la phrase finit avec des points de suspension (signalant que la phrase n'est pas finie), l'intonation sera également montante (comme pour les syllabes finales des groupes rythmiques précédents).

  • la pause

Ce quatrième point n'est ajouté que pour signaler qu'après un groupe rythmique, la pause n'est pas nécessaire (mais possible). En revanche, il est nécessaire d'en faire une, même brève, en fin de phrase.

  • l'accentuation

Les éléments que nous venons de voir: l'intonation en fin de groupe rythmique et l'allongement final constituent le principal accent en français. L'intensité n'intervient donc pas.

Les variations d'intensité seront perçues par les Français comme un procédé d'insistance, de mise en relief, voire d'expressivité (expression des sentiments/émotions).

 

Théâtrale

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