Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 15:49

Nous présentons dans cet article la structure où l'adjectif est séparé du nom par l'ajout d'un "de". Cela donne donc la construction: "un + nom + de + adjectif".

Cette construction est surprenante, car la règle normale est l'ajout direct de l'adjectif avant ou après le nom (pour la place de l'adjectif, voir notre article: La place de l'adjectif). La construction du nom avec "de" est en principe utilisée pour l'ajout d'un nom, d'un infinitif, etc. en tant que complément du nom du nom principal.

Voici quelques exemples de cette construction:

  • Voilà une bonne chose de faite ("faite", participe passé à valeur d'adjectif s'accorde avec "chose")
  • un de perdu, dix de retrouvés! (une de perdue, dix de retrouvées) (utilisation de pronoms pour ce proverbe)
  • Je n'ai pas un week-end de libre. ("libre" est adjectif)
  • j'ai un ami de vraiment sympa.
  • voilà une semaine de perdue.

L'utilisation ordinaire devrait être:

  • Voilà une chose faite.
  • Un perdu, dix retrouvés.
  • Je n'ai pas un week-end libre.
  • J'ai un ami vraiment sympa.
  • voilà une semaine perdue!

Toutes ces phrases sont grammaticalement correctes. Alors quelle est la différence? Quelle est la différence de sens? Pourquoi ajouter un "de"?

Explication

 

L'ajout d'un "de" exprime les idées suivantes (et n'est possible que dans ces cas-là):

a) l'on cherche à quantifier le nom (et même à en faire l'inventaire de manière exhaustive)

b) cette quantification vise l'élement une fois qualifié par l'adjectif. Autrement dit, on fait l'inventaire des éléments constitués par le couple nom + adjectif.

 

Etudes des cas (exemples) mentionnés précédemment.

a) On a ici une idée de quantification. L'on cherche à compter, à quantifier combien il y en a. le "un" en début de structure est le chiffre "1". Cela pourrait être "2", "3", etc. ou même "0" (qui peut être exprimé avec la négation "pas un").

 

- "une chose de faite". L'idée, c'est qu'il y en a une de moins.

- "un de perdu, dix de retrouvés". L'on utilise ici des pronoms, mais le principe est le même qu'avec des noms. L'idée de quantité, exprimée par des chiffres, est ici évidente.

- "je n'ai pas un week-end de libre". Nous sommes ici dans la quantification encore, En juin, j'ai un week-end de libre", (cela pourrait être deux week-ends, etc.). On fait l'inventaire des week-ends libres.

etc.

 

b) L'élément est quantifié mais en tant qu'élément associé à l'adjectif. Ce que l'on quantifie, c'est le nom qualifié, pas le nom seul. De la sorte, les éléments que le nom seul pourrait désigner qui ne sont pas quantifiés ici ne peuvent prétendre à cette qualification. Le comptage effectué exclut tous les autres, il est exhaustif.

 

- "un week-end de libre". Ce que je prends en compte, c'est le week-end qui est libre, et non pas le week-end seul. Le qualificatif est essentiel dans cette structure. Les autres week-ends ne sont pas libres.

 

- "une bonne chose de faite". L'on dit cela lorsqu'il y a beaucoup de choses à faire. Cette phrase est prononcée à la fin d'une de ces tâches, les autres ne sont pas faites.

 

- "j'ai un ami de vraiment sympa". Exprimer cette phrase, c'est sous-entendre que les autres amis ne sont pas vraiment sympas. Peut-être "sympas" seulement, sans plus (sans "vraiment").

 

- "une semaine de perdue". Dans ce comptage, on ferait généralement référence à la semaine passée par rapport aux semaines à venir, qui par définition ne sont pas (encore) perdues.

 

 

 

 

une amie de vraiment géniale

Partager cet article

commentaires

adion 21/09/2015 06:05

"J'ai un ami de vraiment sympa." à la place de "J'ai un ami vraiment sympa", jamais entendu.
La formulation vous semble-t-elle courante/correcte ?

Laoshi 29/09/2015 16:02

Le contexte est important puisque le sens est différent. Évidemment, il est rare de considérer qu'un seul de ses amis est vraiment sympa. Le sens de "j'ai un ami de vraiment sympa" signifierait que l'on compte les amis que l'on a de vraiment sympas. Et dans ce cas, il n'y en aurait qu'un. Il faut imaginer par exemple un contexte où tous les autres amis auraient déçu la personne.
"J'ai un ami vraiment sympa" insiste moins sur cet aspect de comptage (qui pourrait cependant exister aussi, notamment par des effets d'accentuation sur le "un"). Cela ne signifie donc pas a priori que les autres ne sont pas sympas.

La construction avec un "de" devant l'adjectif existe bien.

vbzt 06/06/2015 07:42

Cette structure est aussi très utilisée avec les indefinis quelqu'un, rien, etc.