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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 12:43

Le verbe faire est très certainement un des verbes les plus utilisés du français, et comme c’est le cas avec les verbes les plus utilisés, il enfreint à lui tout seul un grand nombre de règles. Bref, c’est ce que l’on appelle un verbe irrégulier.

Nous abordons ici 3 points :

  • Sa conjugaison originale
  • Participe passé de "faire" invariable devant un infinitif
  • La construction de "faire" suivi d’un infinitif avec 1 ou 2 complément

 

Parmi les choses les plus évidentes (et pourtant déjà problématiques) notons sa conjugaison au présent :

 

Je fais
Tu fais
Il fait
Nous faisons
Vous faites
Ils font
 

Le plus bizarre est bien la forme avec « vous », ce curieux « faites » qui devrait être un « faisez ». Et non, « faisez » n’existe pas (plus, ou pas encore), bien qu’il soit quand-même assez régulièrement produit malencontreusement à l’oral.

 

***

 

http://activitesfle.over-blog.com/2015/11/la-double-pronominalisation.html

Bon, s’il n’y avait que cela, ce serait encore un verbe irrégulier comme un autre. Continuons donc avec les bizarreries.

Le verbe « faire » a la particularité d’avoir un participe passé invariable lorsqu’il est suivi d’un infinitif. Le seul autre verbe similaire est « laisser » qui depuis 1990 (date de la réforme de l’orthographe) et 2008 (date où cette réforme est devenue la norme) a lui aussi un participe passé invariable lorsqu’il est suivi d’un infinitif.

Exemples :

Les personnes que j’ai fait venir arrivent. (pas d’accord de « fait » puisque c’est invariable, mais pourtant, ce sont bien les personnes qui viennent (voir notre article sur l’accord du participe passé))

Les individus qu’on a laissé s’exprimer sont tous hostiles au projet. (pas d’accord de « laissé » qui est invariable. Avant la réforme de 1990, « laissé » aurait dû prendre un « s » => « laissés » (accord avec « que » qui remplace « individus ») (voir notre article sur l’accord du participe passé).

 

***

 

Le troisième point que nous abordons concerne « faire » dans la situation très particulière de place des pronoms compléments et de double pronominalisation.

Lorsque l’on met un pronom complément dans une phrase, on le place avant le verbe dont il est complément.

Exemple : je mange la pomme => je la mange (« la »= la pomme)

Dans le cas où l’on a un verbe infinitif qui suit un verbe conjugué, la règle est la même SI le premier verbe a déjà un complément :

Exemple : Je vois un homme danser une valse. => je le vois la danser. (le = l’homme ; la = la valse).

Je laisse cet homme danser une valse. => je le laisse la danser.

Mais si le verbe conjugué n’a pas de complément et qu’il est suivi d’un infinitif, alors le pronom complément sera placé avant lui.

Exemple : Je la laisse danser. (« la » = la personne OU la valse, seul le contexte permet de savoir).

 

 

Avec faire, les choses se passent différemment.

Tout d’abord, regardons ce qui se passe avec 1 seul complément.

Exemple :

 « je fais danser la valse » => je la fais danser.

« je fais danser cette femme » => je la fais danser.

Comme avec les autres verbes, puisqu’il n’y a qu’un seul complément, « la » peut aussi bien remplacer le COD de « danser » (= « la valse ») que le COD de « faire » (= « cette femme »).

 

 

La différence avec les autres verbes intervient lorsqu’il y a 2 compléments.

L’utilisation de faire transforme la structure de la phrase de départ. Nous dirons ainsi :

Je fais danser la valse à cette femme.

Nous remarquons que « cette femme » est introduit par la préposition « à ». Cela obéit en réalité à la structure : « faire quelque chose à quelqu’un ».

Si nous transformons les compléments en pronoms, cela devient :

Je la fais danser à cette femme. (« la » = « la valse », COD de « danser »)

Je lui fais danser la valse. (« lui » = à cette femme. La personne qui était un COD avec un seul complément devient un COI ! « femme » est cependant toujours l’agent du verbe « danser »)

Je la lui fais danser. (double pronominalisation).

 

Nous remarquons donc que « faire » s’accapare tous les pronoms pour lui-même. Nous pourrions dire que cela est normal, car en français il est impossible d’avoir 2 COD pour un verbe. N’oublions pas cependant qu’ici ce n’est pas le cas. L’un des compléments est COD du verbe à l’infinitif, l’autre du verbe « faire ». Cela n’enfreint donc pas cette règle. Le plus curieux ici est que le COD qui demeure un COD est celui de l’infinitif. C’est le complément de « faire » qui s’adapte et devient un COI ; Il ne s’agit même pas d’éviter une ambigüité car avec les autres verbes, le problème se résout simplement en réattribuant à chaque verbe son propre COD. Avec « faire », un verbe sans doute un peu trop avare, la solution est différente.

Remarquons qu’il y aura toujours un COD avant d’y avoir un COI avec « faire ». Cependant, l’agent du verbe à l’infinitif que précède « faire » sera selon la circonstance soit un COD, soit un COI. Par ailleurs, le COD du verbe à l’infinitif ne sera jamais attaché à l’infinitif, même si « faire » possède son propre COD (qui devient alors COI).

 

En raison de sa structure très particulière, la place des pronoms dans une construction de « faire » suivi d’un infinitif est donc différente des autres verbes. Le plus bizarre est certainement qu’avec « faire », et lorsqu’il y a 2 compléments, l’agent du verbe à l’infinitif (danser) est COI du verbe « faire » !! (est-ce la raison pour laquelle le participe passé de « faire » est invariable lorsqu’il est suivi d’un infinitif ?) Par ailleurs, le COD du verbe à l’infinitif sera accolé prioritairement (par rapport au complément de « faire ») au verbe « faire ».

Elle la fait danser

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commentaires

faire garder mon chien 25/12/2015 21:26

faire garder mon chien, le faire garder, faire garder mon chien par un ami, lui faire garder mon chien, le lui faire garder, les chiens que j'ai fait garder.. :-) Bonnes fêtes!