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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 17:53

Les théories de l’enseignement nous disent qu’il faut établir un contrat didactique avec les apprenants. En début de session, d’année, bref, lorsque vous effectuez le premier cours avec un élève ou une classe, vous devez définir avec eux ce que sera votre objectif et votre démarche. Cela doit correspondre aux attentes des élèves. C’est là quelque chose qu’il faut définir ensemble pour que les apprenants s’impliquent dans le cours, pour que le cours les intéresse, et au final, pour qu’ils apprennent quelque chose.

Si cette démarche est inévitable, celle qui consiste à vérifier en retour si ce qui a été fait a plu aux apprenants (le bilan) est plus délicate. Pourtant, un enseignant a besoin de savoir au fur et à mesure si sa démarche est toujours en adéquation avec les attentes des apprenants, si ceux-ci accrochent à son cours. Si ce n’était pas le cas, il pourrait rectifier le tir. C’est là quelque chose que chaque apprenant devrait assimiler, et il ne devrait pas avoir peur de le dire.

Mais les choses ne sont pas si simples. A l’image de l’homme qui demande à sa femme si cela lui a plu, un enseignant qui demande à ses apprenants si son cours était bien passe avant tout pour un enseignant peu sûr de lui, pour un enseignant qui a besoin d’être rassuré. Cruel monde d’incompréhension…

Et pourtant, la démarche est bonne.

De toute façon, même si ce n’était pas le cas, que dire des réponses ainsi obtenues ? Les psychanalystes ne le disent-ils pas ? Toute demande est une demande d’amour…  

Et n’oublions pas notre face. Que répondre à un élève qui vous dirait que votre cours était nul ? Non, même si cela peut arriver (il existe toujours ce jeu cruel où les élèves veulent faire craquer leur enseignant) la réponse habituelle approchera toujours un « c’est parfait ». Evidemment, ils ne voudront pas faire de peine à leur professeur plus ou moins préféré. Et s’ils n’y répondaient pas, vous vous demanderiez si ce n’est pas là un non déguisé. Mais sans en être sûr. Et cette horrible question que l’on peut interpréter comme on veut : « est-ce que ce sera vous la prochaine fois ? » Oui, soyez bien sur de vous, ils vous aiment et ils veulent vous revoir. A moins que ce ne soit le contraire…

 




Bref, il est impossible d’interpréter si facilement leur réponse, alors, ne leur demandez pas leur avis.

Et puis pourquoi le demanderiez-vous ? Après tout, vous êtes l’enseignant. C’est vous qui faites le cours, c’est vous qui savez tout. L’enseignant, là-haut à parler sur son estrade, est souvent placé sur un piédestal. L’enseignant-roi est une conception qui reste ancrée dans les mentalités, très profondément encore dans certains pays, notamment en Asie, mais en France aussi. L’enseignant sait tout, il sait comment faire. Il est très surprenant de le voir douter. C’est son image d’enseignant qui pourrait être remise en question.  

Mais bon, quand-même, cela vous intéresserait bien. Il n’y a qu’une façon de le savoir : une personne intermédiaire. Encore faut-il que celle-ci soit assez proche de vous pour oser vous dire si cela ne va pas. Et que vous ne vous en preniez pas à elle si cela arrivait ; après tout, vous avez besoin d’elle, et ce n’est pas de sa faute.

Ainsi, une secrétaire, un parent de l’élève sera le meilleur interlocuteur pour ce retour tant attendu. Il saura vous dire ce qu’il a remarqué, ce que l’élève lui a dit. A partir de ce retour, seulement, vous aurez une information fiable sur laquelle baser votre adaptation aux attentes des apprenants.

Et bon, finalement, si comme moi vous avez eu le plaisir de vous faire inviter au restaurant par vos élèves, que d’année en année ils vous redemandent, au final, soyez sans crainte. Avec eux, au moins, ce qui est demandé et ce qui est fait correspondent.

 

 

  

 Lire aussi :

Ne parlez pas de malheur!

le premier cours de FLE

Cours de conversation avec 60 élèves

 


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