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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 08:52

Les Français aiment les animaux de compagnie. Mais il faut bien dire qu’ils n’aiment pas s’en occuper. En tout cas, pas jusqu’au bout. Il faut les comprendre, ça produit des excréments, et ça pue.

 

En fait, le problème de ces animaux, c’est qu’au départ c’est particulièrement séduisant. Extrêmement mignon quand on le découvre pour la première fois, cela ressemble à  un bel objet, et comme tout ce qui est beau, on le veut. Mais le bébé devient vite adulte. On s’en lasse, comme de tout objet, et en plus il faut l’entretenir : nourriture quotidienne, promenades incessantes, déjections, etc. La fidélité et la gentillesse de l’animal ne font pas toujours le poids. Dès l’arrivée des vacances, les Français sont tentés d’abandonner leur animal le long d’une route de campagne.

 

On ne peut pas dire non plus que le chien soit un parfait animal d’intérieur : la promenade quotidienne est indispensable pour ce compagnon sportif ! Bien sûr, son maître, français, l’aime beaucoup et apprécie de se plier à ses exigences. Enfin, à une près. Si la plupart des Français vous diront qu’ils ramassent toujours les déjections de leurs animaux de compagnie dans la rue, la constatation est là. Nos trottoirs hexagonaux en sont couverts.

 

L’abandon est une chose, pas encore systématique heureusement, mais l’entretien approximatif en est une autre. De toute façon, en ce qui concerne l’entretien, les Français ne sont pas une référence. Sauf peut-être négativement. Les Français sont parmi les derniers en Europe à avoir adopté le tri des déchets. Et même encore aujourd’hui, la démarche est loin d’être systématique. Ils ont une certaine tendance à rejeter l’effort qui n’implique pas un gain immédiat. Fainéantise ? Pas forcément. Peut-être seulement un certain dégoût à se salir les mains pour ce qui ne le gène pas directement. Evidemment, chez lui, il ne serait pas question de voir son animal préféré se délester des restes non digérés de son dernier repas. Mais dehors, ça ne le regarde pas. Le Français ne s’occupe que de son intérêt propre. Ce qui se passe dans la rue ne l’intéresse pas, ça ne le gêne pas directement. Tant pis pour les autres. Les gens n’ont qu’à faire attention où ils mettent les pieds.

 

Alors se salir les mains pour ramasser des crottes : le moins possible, à moins d’y être obligé et que son intérêt personnel soit engagé : honte, sanction, confort, etc. Et comme rien a priori ne saurait l’y contraindre dans ce sens, il ne faut pas s’attendre au miracle.

 

Et la responsabilité serait difficilement attribuable aux municipalités : multiplication des espaces canins, incitation au ramassage systématiques des excréments, et parfois même, mise en place des patrouilles de nettoyages. On ne voit pas comment faire plus, sinon de durcir la loi et de punir sévèrement et systématiquement les contrevenants.

 

Car finalement, la responsabilité de ces méfaits ne peut être imputée qu’à une seule personne : le maître négligent. C’est lui et lui seul qui a le devoir de s’occuper de son chien et des problèmes qu’il peut engendrer sur la voie publique. Il en est responsable.

 

Mais finalement, cet état de fait nous en apprend beaucoup sur la mentalité des Français. Les Français ne considèrent pas le territoire français comme le leur. Chez eux, c’est leur maison, leur jardin. En dehors, l’espace public, ce n’est pas chez eux. Ce n’est pas à eux de s’en occuper, et ce n’est pas grave si c’est sale.

 

Certes, on pourrait considérer cela comme une forme d’ouverture aux autres, un espace que l’on laisse à d’autres. Mais non en fait, car les Français ne s’intéressent que peu aux autres. En fait, ils ne s’y intéressent que dans la mesure où cela leur apporte quelque chose, à commencer par une identité. Et ils ne rendront rien à cette communauté à laquelle ils prétendront appartenir. Du coup, il ne s’agit pas d’un espace d’ouverture, mais plutôt d’abandon. On laisse cela aux autres, ou à personne. Les Français restent dans leur individualisme et ne se soucient que de leur personne et de leurs intérêts : peu importe que je gêne les autres, tant que cela ne me gêne pas moi.

Il n’y a que la contrainte, à commencer par celle de la communauté, qui pourrait avoir un moyen de pression sur cet individualisme forcené.

 

Les Français habitent cependant un espace privilégié : la France. Et ils le savent. Ils sont bien là pour affirmer leur fierté d'être Français et d'habiter ce beau pays, "le plus beau pays du monde!". Le fait qu’autant de touristes y viennent chaque année en témoigne. Mais que penser de ce pays quasi à l’abandon ? (heureusement qu’y existent des collectivités et des associations pour prendre le relais de la négligence de chacun).

 

Les cartes postales, où que l’on aille, donnent toujours une vision "mystifiée" des lieux touristiques : embellissement, sites sous leur meilleur jour, et de loin. Lorsque l’on s’en rapproche, c’est la vérité qui frappe. Trottoirs dégoutants, écœurants, désinvolture et froideur des habitants. Il y a largement de quoi annihiler les rêves et les illusions des plus fervents admirateurs de notre pays.

 

La France est un pays sale, me disent mes amis à chaque fois qu’ils posent le pied sur le territoire. Ils n’avaient qu’un seul mot en tête avant de venir : "romantisme", " romantisme", "romantisme". Il est certain qu’en traversant la capitale le nez en l’air à admirer les plus beaux monuments, les désillusions arrivent au premier faux pas dans une déjection canine, une merde de chien quoi. Les voilà tête baissée, à surveiller leur moindre pas, le nez dans la merde, la poussière, les mégots de cigarette et les canettes de bière. Rien de tel pour gâcher des rêves.

 

Alors saluons la démarche de ces étrangers, au nom d’un rêve qui nous est si lointain et incompréhensible. Car en effet, des japonais (l’ONG Greenbird) ont pris l’initiative de nettoyer les rues de la capitale, aux environs des sites touristiques. Des bénévoles, non citoyens de la république française, ont décidé d’aller de l’avant et d’embellir les rues de Paris, en complément, bien sûr, des activités régulières des employés municipaux.  Il existe encore des gens qui croient à la beauté des sites publics, du passé, de l’architecture française. Redonner un peu de rêve aux gens, y croire encore, alors même que les habitants ont tout abandonné. Une leçon qui va au-delà du civisme. Voilà une activité dont seraient fiers les grands bâtisseurs de ces monuments, nos ancêtres. Sauver un espace, un environnement qui a encore de la valeur pour quelqu’un, et dont les Français feraient bien de s’inspirer.



chien


 Lire aussi :
Le romantisme des Français
La douche
Les Français et le voyage
le quart d'heure français



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commentaires

paul geister 08/06/2009 09:56

Cela veut dire quoi fle?

Laoshi 08/06/2009 16:13


Rebonjour Paul,
FLE signifie Français Langue Etrangère. Ce sont les initiales. C'est la discipline de l'enseignement du français aux étrangers.

A bientôt!