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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 18:40

 

Dans certains pays, il y a des choses dont il ne faut pas parler. Je ne pense pas ici à la politique, où de toute évidence, on sera très vite mal à l’aise étant donné les différences de point de vue qui peuvent exister d’un bout à l’autre du monde. Souvent, il est préférable d’éviter l’affrontement diplomatique, sans compter que vous ne connaissez pas non plus l’avis de vos apprenants, et que dans certains pays, les meilleurs amis du monde pourraient en arriver aux poings sur de tels sujets (et c’est ce que mes apprenants m’ont dit lorsque je préparais mon cours de conversation par thème).

Bien évidemment, il existe d’autres sujets, souvent de société, qui peuvent être, dans certains contextes, assez malvenus. (n’hésitez pas à nous faire part de vos expériences en commentaires)

 

Toutefois, je vais plutôt m’intéresser ici à la culture chinoise, et au fait qu’on ne puisse pas y parler de choses négatives. Nous l’avons évoqué avec notre sujet "faire des reproches", et nous le retrouvons sous une autre forme avec le sujet "faire des hypothèses". En effet, dans la culture chinoise, on croit au pouvoir des mots. Et parler de malheur pourrait selon eux se faire réaliser les choses dont on a parlé. Ainsi, vous aurez bien des difficultés à leur faire dire des choses à propos de la mort, surtout si elle concerne la leur, ou l’un de leur proche, vous aurez du mal à parler d’un accident qui pourrait survenir et toucher quelqu’un, etc.

 

Ainsi, faites bien attention en leur proposant des activités communicatives où ils devraient faire des hypothèses en fonction d’une catastrophe. Ils ne vous répondront pas, non pas parce qu’ils n’auront pas compris, mais parce qu’ils refuseront de parler de malheur !

 

Et si par hasard un malheur devait tout de même être dit, il existe une formule magique qui permet de conjurer un sort. Lorsqu’une mauvaise chose ou un malheur a été dit, on peut prononcer ensuite :

« pei, pei, pei » "呸, 呸, 呸"

Ca ne veut pas dire grand-chose, mais lorsqu’on le prononce, on a l’impression de cracher quelque chose, comme si l’on crachait la malédiction des mots, qu’on se les sortait de la bouche. De la sorte, on les ferait disparaitre, comme si les prononcer les amenait dans la bouche, et dire « pei, pei, pei » permettait de les faire sortir et de perdre leur pouvoir.

 

Bref, dans la culture chinoise, on n’aime pas parler de malheur, et l’enseignant de FLE devra donc éviter de proposer de tel exercice.



 Lire aussi :
Activités pour formuler des hypothèses
Exprimer l'hypothèse : Conjonctions et Prépositions
Faire des reproches
Pourquoi ne pas demander à ses élèves si le cours leur a plu
Le romantisme des Français



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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 17:04

Le premier cours est toujours un moment particulier dans une année d’enseignement. Les apprenants ne connaissent pas leur enseignant et parfois ne se connaissent pas entre eux. L’enseignant, lui aussi va devoir découvrir sa classe : leur personnalité, leur niveau exact, et surtout leurs attentes.

 

La première prise de contact :

Avant toute chose, il faut que chacun apprenne à se connaître. Le professeur doit se présenter. Dans le cas des débutants, la connaissance de la langue d’origine des apprenants est un plus. Ce n’est toutefois pas une nécessité. Il existe beaucoup de moyens de se présenter sans cela. De façon plus sommaire, il est vrai : écrire son nom au tableau, le prononcer en se désignant est un bon moyen. Cela ne permettra toutefois pas de mieux se connaitre pour l’instant, d’exprimer ses origines, goûts, et surtout encore une fois, les attentes.

 

Les noms :
A un moment ou un autre, il faudra désigner les apprenants. Le mieux, est de commencer par connaître leurs noms. S’ils ne savent rien dire, ils pourront commencer par donner leur nom. Si vous avez une bonne mémoire, vous pourrez ainsi mettre un visage sur votre liste. Dans tous les cas, cela permettra aux apprenants de se connaître entre eux, si tel n’était pas déjà le cas. Cela permet de sortir d’un individualisme et de montrer qu’il y a un groupe, qu’ils forment ensemble un groupe. De pouvoir s’appuyer sur les autres, de se confronter aux autres leur sera utile pour apprendre, et pour prendre du plaisir à apprendre, et à se motiver les uns les autres.

 

Si en revanche, ce qui peut arriver dans certains pays, vous trouvez que leurs noms sont imprononçables pour vous, vous allez effectivement avoir du mal à mettre ces visages sur votre liste. Nous conseillons alors de donner un nom français à vos apprenants. Outre l’aspect pratique pour vous – et dites vous bien que ce nom leur sera utile avec d’autres Français – cela donne un aspect ludique à ce cours ou chacun adopte une autre personnalité, une autre façon de voir les choses : chacun devient un Français. Cela constitue une bonne méthode pour les faire entrer dans la démarche de l’apprentissage d’une langue et d’une culture. Un apprentissage de langue modifie la façon de voir les choses de l’apprenant, cela peut modifier des aspects de sa personnalité. Le changement de nom y participe et fait entrer dans cette démarche.

Pour vous y aider, nous avons constitué des listes de prénoms pour les garçons et pour les filles.

 

Certains pourront ne pas apprécier la démarche et vouloir garder leur nom de naissance, celui de leur langue. Il n’est pas toujours possible ni souhaitable de l’imposer en force. Négociez pour en trouver un qui lui ressemble et que vous puissiez prononcer, en insistant d’ailleurs sur ce fait (et vous ne serez pas le seul Français à avoir ce problème). Travaillez sur la signification du nom et essayez de trouver la traduction exacte en Français. Insistez sur l’aspect ludique, et si certains garderont ce nom lorsqu’ils iront en France, il est bien évident que chaque apprenant sera libre ensuite de le garder ou non. Mais pour la démarche de l’enseignement, il est préférable que chacun en trouve un.

 

La prononciation :
Une fois que chacun a un prénom, vous pourrez vous appuyer dessus pour travailler la prononciation des sons du français. En effet, les cours pour débutants doivent commencer par un travail sur la phonétique et la prosodie (rythme-intonation-accentuation) du français. Nous avons répertorié pour vous les différents sons vocaliques et consonantiques du français avec des exemples. Amenez-les de façon ludique, en groupe d’abord si votre groupe est volumineux, puis individuellement pour corriger chacun (étape nécessaire).

 

Les connaissances et les représentations culturelles :
Votre/vos premiers cours pourront également présenter la France (la situer, montrer des images de lieux touristiques, etc. ) et la culture Française, vous pourrez travailler à partir de leurs représentations de la France et leur demander (si possible) ce qu’elle représente pour eux. Mobilisez leurs représentations, leurs images pour comprendre pourquoi ils veulent apprendre le français et ce que cela représente pour eux. L’aspect romantique ressort souvent de ces questions.

 

Les objectifs et la motivation :
Définissez avec eux les objectifs de votre cours, et s’ils sont imposés par un système scolaire, explicitez tout de même ces objectifs. Même s’ils ne recherchent qu’un diplôme, il faut qu’ils voient ce que l'on attend d’eux, et qu’ils perçoivent les compétences qu’ils doivent acquérir. Cela participera à leur motivation de l’atteindre.

 

Un premier cours est toujours un peu stressant, mais finalement, c’est toujours un moment privilégié où l’on découvre d’autres personnes, avec leurs connaissances, leurs représentations, et leur motivation toute fraiche, qu’il vous faudra entretenir. Prenez-y du plaisir, ils le ressentiront et en prendront aussi.




 




 Lire aussi :
Prénoms français masculins pour vos élèves
Prénoms français féminins pour vos élèves
Les consonnes du français
Les voyelles du français
Le romantisme des Français




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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 11:20

En début d’année, avec des apprenants débutants, les professeurs aiment donner des noms français à leurs élèves.  Il est cependant souvent difficile de trouver des listes avec des noms actuels, séparant les filles et les garçons.  Vous trouverez donc ci-dessous une liste de prénoms français pour les filles qui nous a paru relativement actuelle (même si les modes changent, avec des ajouts « exotiques », ou des retours de prénoms anciens que nous n’avons pas répertoriés).  La liste n’étant pas exhaustive, n’hésitez pas à nous laisser des commentaires pour d’éventuels ajouts/retraits.



A

Adeline

Adrienne

Agathe

Agnès

Aimée

Adèle

Alexia

Alexandra

Alice

Aline

Alizée

Amanda

Amandine

Amélie

Ameline

Anaïs

Annette

Angela

Angélique

Anita

Anna

Annabelle

Antoinette

Ariane

Arielle

Aude

Audrey

Augustine

Aurélia

Aurore

 

B

Béatrice

Blanche

Blandine

Brigitte

Bérengère

 

C

Camille

Carine

Carla

Carole

Caroline

Catherine

Cécile

Céline

Chantal

Charlotte

Chloé

Christelle

Christiane

Claire

Clara

Clarisse

Claude

Clémentine

Corine

 

D

Daphnée

Deborah

Delphine

Diane

Doriana

Dorothée

 

E

Eliane

Élisabeth

Élise

Ella

Élodie

Éloïse

Emeline

Émilie

Emma

Emmanuelle

Estelle

Eva

Evelyne

 

F

Fanny

Flavie

Flora

Florence

Françoise

Frédérique

 

G

Geneviève

Géraldine

Grace

Gwenaëlle

Gwendoline

 

H

Hélène

 

I

Ida

Inès

Ingrid

Irène

Iris

Isabelle

 

J

Jacqueline

Jeanne

Jocelyne

Judith

Julie

Julianne/Julie-Anne

Juliette

Jessie

Jessica

 

K

Karen

Karine

 

L

Laëtitia

Laure

Lauréline

Laurianne

Léna

Leslie

Lise

Lucie

Lucile

Lydie

Lydia

 

M

Magalie

Manon

Margot

Marion

Marjorie

Mélanie

Mélissa

Marylise

Mathilde

Maude

Mireille

Monique

Marie

Myriam

 

N

Nadège

Nadia

Natacha

Nina

Noémie

Nathalie

 

O

Océane

Olivia

Ophélie

 

P

Patricia

Pauline

 

R

Raphaëlle

Rebecca

Roxane

 

S

Sabine

Sabina

Sandra

Sandrine

Sarah

Solange

Sophie

Stéphanie

Sylvie

Ségolène

 

T

Tatiana

Thaïs

Tiphaine

 

V

Valérie

Vanessa

Véronique

Victoria

Violaine

Virginie

 

Y

Yvonne

 

Z

Zoé


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icon_idea.gif Voir aussi :
Prénoms français masculins pour vos élèves



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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 11:13

En début d’année, avec des apprenants débutants, les professeurs aiment donner des noms français à leurs élèves.  Il est cependant souvent difficile de trouver des listes avec des noms actuels, séparant les filles et les garçons.  Vous trouverez donc ci-dessous une liste de prénoms français pour les garçons qui nous a paru relativement actuelle (même si les modes changent, avec des ajouts « exotiques », ou des retours de prénoms anciens que nous n’avons pas répertoriés).  N’hésitez pas à nous laisser des commentaires pour d’éventuels ajouts/retraits.

 

A

Adrien

Alain

Alan

Alban

Albert

Alexandre

Alex

Alexis

Alfred

Alix

Annick

Antoine

Armand

Arnaud

Arnold

Arthur

Auguste

Augustin

Aurélien

Axel

 

B

Baptiste

Bastien

Benjamin

Bénédicte

Benoît

Bernard

Bertrand

Bruno

Barthélémy

 

C

Cédric

Charles

Christian

Christophe

Claude

Constantin

Corentin

 

D

Damien

Daniel 

David

Denis

Dimitri

Dominique

 

E

Édouard

Émilien

Emmanuel

Éric

Erwan

Etienne

 

F

Fabien

Fabrice

Félix

Florent

Florentin

Florian

François

Frank

Freddy

Fédéric

 

G

Gaétan

Gaël

Gatien

Geoffroy

Georges

Gérard

Germain

Ghislain

Gilles

Guillaume

Guy

 

H

Henry

Hugo

Hugues

 

I

Ivan

 

J

Jacques

Jean

Jean-Baptiste

Jean-Michel

Jérémie/Jérémy

Jérôme

Jonathan

Jules

Julien

 

K

Kévin

 

L

Laurent

Léo

Luc

Ludovic

 

M

Manuel

Marc

Martin

Mathieu

Maxence

Maxime

Maximilien

Michel

 

N

Nathan

Nicolas

 

O

Olivier

Oscar

 

P

Pascal

Patrice

Patrick

Paul

Philippe

Pierre

 

Q

Quentin

 

R

Raphaël

Régis

Romain

Ronan

Rémi

 

S

Sacha

Samuel

Sébastien

Serge

Simon

Stéphane

Sylvain

 

T

Teddy

Thibaut

Thierry

Timothée

Thomas

Tristan

 

V

Valentin

Victor

Vincent

Virgile

 

W

Wilfrid

William

 

X

Xavier

 

Y

Yannick

Yannis






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icon_idea.gif Voir aussi :
Prénoms français féminins pour vos élèves



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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 14:08


Certains adultes, pourtant de langue maternelle française ont l’impression de manquer de vocabulaire lorsqu’ils s’expriment ou écrivent. Si ce phénomène peut avoir un fond de vérité : leur vocabulaire ne leur permet pas de comprendre des textes littéraires ou philosophiques, il n’est toutefois pas justifié. Comme nous le savons depuis E. Benveniste, on ne peut pas penser sans le langage. Alors, d’où viendrait cette pensée qui ne pourrait être exprimée ? Non, il n’y a pas de manque de vocabulaire dans sa langue maternelle. Si la pensée est là, les mots sont là. Simplement, elle n’est peut-être pas vraiment claire. Comme le dit N. Boileau, "ce qui se conçoit bien s’énonce clairement - et lesmots pour le dire arrivent aisément".

La pensée, pour se clarifier, a besoin d’être exprimée. Notre individu qui a cette impression n’a en fait qu’un problème d’expression orale ou écrite de celle-ci. Sa difficulté n’est pas sémantique, elle est d’ordre technique, syntaxique ou grammaticale, c’est la forme qui est défectueuse. L’impression du manque de mot n’est donc pas due à un manque de mots, mais à des problèmes de construction de phrases qui conduisent à des impasses, ou la difficulté à créer des structures de substitutions, des paraphrases… Dans votre langue maternelle tout au moins, il est toujours possible d’exprimer une idée, même sans connaître le vocabulaire exact. L’impression de manque de vocabulaire révèle donc un problème plus profond : un problème grammatical et syntaxique.

Remédier à ce problème ne passe donc pas par le dictionnaire, mais par la construction de phrases. Il faut que l’apprenant s’entraine d’abord à construire des phrases simples : sujet-verbe-complément. Il faut qu’il s’habitue à se relire, à repérer les verbes des phrases et à s’obliger à en mettre un à chaque fois. Le travail doit s’atteler d’abord sur la construction grammaticale et syntaxique. Vous vous apercevrez rapidement que la difficulté est manifeste à ce niveau. L’apprenant éprouve généralement de grandes difficultés à construire des phrases correctes. C’est là-dessus qu’il faudra concentrer votre tâche.





 

 Lire aussi : 

Travailler son style écrit : les reformulations
Construction de phrases
"C'est ... que..." : figure emphatique
Reconnaître la nature d'un mot
Repérer le COD
Retrouver le COI
Les fonctions de l'adjectif : épithète, attribut...
Activité : exprimer la conséquence
argumentation absurde

 

 


 

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 11:53

Et oui, cela existe. Je l'ai personnellement rencontré en Asie, mais il est possible que cela existe aussi ailleurs.

La première question que l'on se pose est : COMMENT FAIRE? Sur un cours d'une heure, cela laisse 1 minute à chaque élève pour s'exprimer. Alors si en plus ils sont timides, il vaut mieux oublier cette solution. Remarquez par ailleurs que dans tous les cas, cette solution n'est pas intéressante car elle laisse alors de côté tous les 59 autres (sauf peut-être le voisin si vous le laissez soufflez l'inspiration à l'élève que vous interrogez). Bref, voilà bien un nouveau casse-tête tout à fait chinois (notamment).

Une fois que vous aurez été vous plaindre à votre direction et qu'ils vous auront gentiment répondu que vous n'aviez pas le choix, vous devrez envisager de nouvelles alternatives. En voici déjà deux, selon les moyens dont vous disposez.

La première solution est de les faire travailler en groupe. Ainsi, chaque groupe devra se concentrer sur une tâche, préparer éventuellement une conversation, un exposé, ou toute autre activité créatrice. En les répartissant ainsi en petits groupes, vous aurez le loisir de passer les voir pour les aider, mais surtout pour les faire pratiquer leur français. Et pendant ce temps-là, les autres ne perdront pas leur temps. Ils seront eux aussi concentrés sur une tâche, préparant le moment de votre venue.

La deuxième solution est le laboratoire de langue. Cette solution technologique a le mérite de les faire parler en petits groupes aléatoires via une machine sur laquelle ils pourront enregistrer leur conversation. Vous pouvez ainsi les laisser préparer cette conversation, tout en les aidant et les écoutant via le poste de commande. Vous pouvez ainsi aider les apprenants en difficulté et les corriger au fur et à mesure, ou sur la cassette enregistrée, qui peut n'être, si vous n'avez pas le temps de toutes les écouter, qu'un prétexte pour les faire travailler sérieusement. Vous n'avez certes toujours pas le temps de les écouter tous plus d'une minute, mais tous auront l'occasion de pratiquer leur français et de bénéficier à un moment de vos conseils et de vos corrections.

 

 

 

 Lire aussi :

 le premier cours de FLE

Ne parlez pas de malheur!

Pourquoi ne pas demander à ses élèves si le cours leur a plu

 

 

 


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 17:53

Les théories de l’enseignement nous disent qu’il faut établir un contrat didactique avec les apprenants. En début de session, d’année, bref, lorsque vous effectuez le premier cours avec un élève ou une classe, vous devez définir avec eux ce que sera votre objectif et votre démarche. Cela doit correspondre aux attentes des élèves. C’est là quelque chose qu’il faut définir ensemble pour que les apprenants s’impliquent dans le cours, pour que le cours les intéresse, et au final, pour qu’ils apprennent quelque chose.

Si cette démarche est inévitable, celle qui consiste à vérifier en retour si ce qui a été fait a plu aux apprenants (le bilan) est plus délicate. Pourtant, un enseignant a besoin de savoir au fur et à mesure si sa démarche est toujours en adéquation avec les attentes des apprenants, si ceux-ci accrochent à son cours. Si ce n’était pas le cas, il pourrait rectifier le tir. C’est là quelque chose que chaque apprenant devrait assimiler, et il ne devrait pas avoir peur de le dire.

Mais les choses ne sont pas si simples. A l’image de l’homme qui demande à sa femme si cela lui a plu, un enseignant qui demande à ses apprenants si son cours était bien passe avant tout pour un enseignant peu sûr de lui, pour un enseignant qui a besoin d’être rassuré. Cruel monde d’incompréhension…

Et pourtant, la démarche est bonne.

De toute façon, même si ce n’était pas le cas, que dire des réponses ainsi obtenues ? Les psychanalystes ne le disent-ils pas ? Toute demande est une demande d’amour…  

Et n’oublions pas notre face. Que répondre à un élève qui vous dirait que votre cours était nul ? Non, même si cela peut arriver (il existe toujours ce jeu cruel où les élèves veulent faire craquer leur enseignant) la réponse habituelle approchera toujours un « c’est parfait ». Evidemment, ils ne voudront pas faire de peine à leur professeur plus ou moins préféré. Et s’ils n’y répondaient pas, vous vous demanderiez si ce n’est pas là un non déguisé. Mais sans en être sûr. Et cette horrible question que l’on peut interpréter comme on veut : « est-ce que ce sera vous la prochaine fois ? » Oui, soyez bien sur de vous, ils vous aiment et ils veulent vous revoir. A moins que ce ne soit le contraire…

 




Bref, il est impossible d’interpréter si facilement leur réponse, alors, ne leur demandez pas leur avis.

Et puis pourquoi le demanderiez-vous ? Après tout, vous êtes l’enseignant. C’est vous qui faites le cours, c’est vous qui savez tout. L’enseignant, là-haut à parler sur son estrade, est souvent placé sur un piédestal. L’enseignant-roi est une conception qui reste ancrée dans les mentalités, très profondément encore dans certains pays, notamment en Asie, mais en France aussi. L’enseignant sait tout, il sait comment faire. Il est très surprenant de le voir douter. C’est son image d’enseignant qui pourrait être remise en question.  

Mais bon, quand-même, cela vous intéresserait bien. Il n’y a qu’une façon de le savoir : une personne intermédiaire. Encore faut-il que celle-ci soit assez proche de vous pour oser vous dire si cela ne va pas. Et que vous ne vous en preniez pas à elle si cela arrivait ; après tout, vous avez besoin d’elle, et ce n’est pas de sa faute.

Ainsi, une secrétaire, un parent de l’élève sera le meilleur interlocuteur pour ce retour tant attendu. Il saura vous dire ce qu’il a remarqué, ce que l’élève lui a dit. A partir de ce retour, seulement, vous aurez une information fiable sur laquelle baser votre adaptation aux attentes des apprenants.

Et bon, finalement, si comme moi vous avez eu le plaisir de vous faire inviter au restaurant par vos élèves, que d’année en année ils vous redemandent, au final, soyez sans crainte. Avec eux, au moins, ce qui est demandé et ce qui est fait correspondent.

 

 

  

 Lire aussi :

Ne parlez pas de malheur!

le premier cours de FLE

Cours de conversation avec 60 élèves

 


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